Introduction

L'incontinence urinaire est une perte involontaire d'urine, diurne, ou nocturne.
Les fuites se produisent chaque fois que la pression intra-vésicale est supérieure aux résistances sphinctériennes.
Peu de données épidémiologiques existent mais on estime que c'est un symptôme fréquent qui toucherait au moins 2.5 millions de personnes en France. 15 à 20 % des personnes âgées de plus de 60 ans ont une incontinence et le risque est deux fois plus élevé pour les femmes (15-30 %) que pour les hommes (source : uropage.com).

 Formes cliniques et mécanismes

Il existe plusieurs types d'incontinences urinaires qui sont temporaires ou continues suivant les facteurs étiologiques. Ainsi on distingue généralement :

L'incontinence par miction impérieuse
C'est une incontinence active par hyper-réflexie du détrusor. Le détrusor étant l'ensemble de la musculature lisse de la paroi vésicale.
Les contractions anormales de la vessie surviennent de façon involontaire et entraînent une envie pressante d'uriner.

L'incontinence urinaire d'effort
Il s'agit d'une incontinence passive par diminution des résistances urèthrales. La fuite d'urine survient lorsqu'une pression abnominale s'exerce lors d'une toux, d'un éternuement, d'un rire...
Ce type d'incontinence représente 50 % des incontinences urinaires féminines.

Etiologies (source: traité d'urologie) :
Dans la quasi-totalité des cas, elle est due à une défaillance pelvi-périnéale. L'urètre, trop mobile, descend en dehors de l'abdomen ou perd son appui posterieur par fragilisation du perinée. La défaillance pelvi-périnéale peut être :

  • d'origine obstétricale. Il s'agit de traumatismes tels que épisiotomie, déchirure du périnée, accouchement difficile.
  • d'origine chirurgicale. Interventions portant sur le petit bassin (hystérectomie, cure de prolapsus...)
  • d'origine hormonale. Les bouleversements hormonaux de la ménopause favorisent la fragilisation périnéale.

L'incontinence par regorgement
Elle survient quand la vessie, distendue et passive, développe une pression qui dépasse la résistance sphinctérienne. La fuite se produit donc par trop plein d û au blocage de l'urètre ou à la faiblesse de contractions de la vessie.

L'incontinence des vessies neurologiques
Elle est liée à des dysfonctionnements vésico-sphinctériens. La fonction vésico-sphinctérienne, très dépendante de son innervation, est particulièrement exposée aux atteintes neurologiques diverses. Trois types de niveaux lésionnels peuvent se rencontrer (source: Cahier d'Urologie, 1999).

Les lésions du cortex cérébral (hémiplégie ou tumeurs) et celles des noyaux gris centraux affectent la commande volontaire de la miction. Elles ne perturbent ni l'automatisme ni la coordination vésico-sphinctérienne.

  • Les lésions médullaires complètes qui aboutissent à une miction dyssynergique avec une contraction sphinctérienne simultanée à la contraction détrusorienne. Les lésions médullaires incomplètes qui correspondent à divers types de myélites, ont des conséquences sur la fonction vésico-sphinctérienne qui dépendent de la structure médullaire lésée. Les lésions dégénératives telles que la sclérose en plaque entraînent des troubles mictionnels quasi constants.
  • Les lésions périphériques complètes rencontrées dans les syndromes de la queue de cheval ou les lésions des plexus périphériques sont caractérisées par la disparition de toute activité réflexe et oblige le patient à utiliser la poussée abdominale pour déclencher la miction. Les lésions périphériques incomplètes touchent certaines zones de l'arc réflexe.

L'incontinence par traumatisme
Un écoulement continu d'urine peut survenir suite à une lésion sphinctérienne survenue lors d'un traumatisme type fracture du bassin ou accouchement ou au décours d'une intervention chirurgicale telle que prostatectomie ou intervention pelvienne compliquée d'une fistule vésico-vaginale.

L'incontinence par abouchement ectopique de l'uretère
Cette anomalie qui consiste en un abouchement ectopique d'un uretère au-delà du système sphinctérien provoque chez les petites filles des fuites constantes, entrecoupées de mictions normales.

L'énurésie
C'est une miction complète, involontaire, inconsciente et nocturne chez un enfant de plus de 4 ans.
Elle n'est pas considérée comme une maladie mais comme un retard de maturation vésico-sphinctérienne.

Facteurs étiologiques (source : cahier d'urologie) :

  • Héridité (fratrie, collatéraux, ascendants),
  • immaturité neuromotrice de la vessie (association à troubles mictionnels diurnes) confirmée par la cystomanométrie,
  • profondeur du sommeil où il y a une altération du seuil de l'éveil,
  • diminution de la capacité vésicale fonctionnelle (rarement retrouvée),
  • défaut de la sécrétion dADH (anti diurétique hormone ),
  • chocs psycho-affectifs (naissance dun petit frère, entrée au CP, divorce, deuil).

L'incontinence par impériosité, l'incontinence urinaire d'effort et l'incontinence par abouchement ectopique de l'uretère ne se retrouvent que chez la femme tandis que celle par regorgement est masculine.

(source : caducée.net)